Psychoéducation · 7 novembre 2026

Crise de panique : ce qui se passe dans le corps

Cœur qui s'emballe, souffle court, vertiges : pendant une crise de panique, le corps déclenche une alarme. Comprendre cette réaction, pourquoi elle n'est pas dangereuse, et ce que propose la TCC.

Le cœur se met à battre à toute vitesse. L'air semble manquer, les mains fourmillent, la tête tourne. En quelques minutes, une certitude s'impose : « il se passe quelque chose de grave ». Si vous avez déjà vécu une crise de panique, vous savez à quel point elle peut être terrifiante. Comprendre ce qui se passe dans le corps à ce moment-là est souvent la première étape pour ne plus la redouter.

Une alarme qui se déclenche au mauvais moment

Notre corps dispose d'un système d'alarme très ancien, conçu pour faire face à un danger immédiat : la réaction de « combat ou fuite ». Face à une menace, le système nerveux sympathique libère de l'adrénaline, et tout l'organisme se prépare à l'action en quelques secondes.

Dans une crise de panique, cette alarme se déclenche alors qu'aucun danger réel n'est présent. Elle peut survenir dans une situation précise (transports, foule, magasin) ou sembler arriver « de nulle part », parfois même au repos ou la nuit. L'alarme est bien réelle, mais l'incendie n'existe pas.

Chaque sensation a une explication

Les sensations d'une crise ne sont pas le signe d'une maladie : ce sont les effets logiques de cette préparation à l'action.

Une crise atteint généralement son pic en une dizaine de minutes, puis redescend d'elle-même : le corps ne peut pas maintenir cet état d'alarme indéfiniment.

Pourquoi elle n'est pas dangereuse

Les peurs les plus fréquentes pendant une crise sont de faire un malaise cardiaque, de s'évanouir ou de « devenir fou ». Pourtant :

Une précaution reste indispensable : lors d'une première crise, ou si les symptômes changent, consultez un médecin pour écarter une cause physique (trouble du rythme cardiaque, problème de thyroïde, etc.). En cas de douleur thoracique inhabituelle ou de doute, appelez le 15.

Le piège : la peur de la peur

Ce qui transforme quelques crises en trouble panique, ce n'est pas la crise elle-même, c'est l'interprétation qu'on en fait. Le psychologue David Clark a décrit ce mécanisme dès 1986source 1 :

  1. une sensation corporelle apparaît (le cœur accélère après un escalier, un café, une émotion) ;
  2. elle est interprétée comme le signe d'une catastrophe (« c'est mon cœur ») ;
  3. cette pensée déclenche la peur, qui amplifie la sensation ;
  4. la sensation plus forte confirme la catastrophe, et la boucle s'emballe.

Peu à peu, on se met à surveiller son corps en permanence, ce qui rend les sensations encore plus visibles. On évite les situations où une crise serait difficile à gérer, on garde toujours une bouteille d'eau ou un médicament sur soi, on ne sort plus seul. Ces stratégies soulagent sur le moment, mais elles empêchent de découvrir que la crise passe d'elle-même, sans catastrophe. C'est le même cercle que celui décrit dans l'article Le cercle vicieux de l'anxiété.

Ce que propose la TCC

La thérapie cognitive et comportementale est le traitement psychologique recommandé en première intention pour le trouble paniquesource 2. Elle s'appuie notamment sur :

Ces exercices se prêtent très bien à la téléconsultation : beaucoup se font chez soi, là où les crises surviennent aussi.

Quand consulter ?

Si les crises se répètent, si vous vivez dans la crainte de la prochaine, ou si vous commencez à éviter certains lieux ou activités, il est utile de consulter. Le trouble panique répond bien à la TCC, et un suivi permet d'en comprendre les ressorts propres à votre situation.

Découvrez la prise en charge des crises d'angoisse et du trouble panique, ou comment se passe une séance en téléconsultation.

Sources

  1. Clark DM. A cognitive approach to panic. Behav Res Ther. 1986;24(4):461-470.
  2. National Institute for Health and Care Excellence. Generalised anxiety disorder and panic disorder in adults: management (CG113). Londres : NICE ; 2011, mis à jour 2020.

Valentin Roux

Psychologue · RPPS 10111005806

Master de neuropsychologie, formé aux TCC à l'AFTCC. Accompagne des adultes en téléconsultation, surtout pour les troubles anxieux et l'insomnie.

Son parcours

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