Psychoéducation · 24 octobre 2026
Comment choisir son psy : approche, feeling et droit de changer
TCC, psychanalyse, systémique : quelle thérapie choisir, et avec qui ? Pourquoi la relation compte autant que la méthode, et changer de psy n'est pas un échec.
Vous avez décidé de consulter. C'est déjà un grand pas. Mais devant la liste des psychologues, des approches et des sigles (TCC, EMDR, systémie, psychanalyse…), il est facile de se sentir perdu. Voici quelques repères pour faire un choix éclairé, et surtout pour ne pas vous mettre trop de pression.
Vérifier d'abord le professionnel
Avant même de choisir une approche, assurez-vous de consulter un professionnel formé et encadré : psychologue, psychiatre ou psychothérapeute inscrit à l'ARS. Ces titres sont protégés par la loi. D'autres appellations (coach, thérapeute, praticien…) ne le sont pas.
Pour mieux comprendre les différences entre ces métiers, lisez Psyquoi ? Psychologue, psychiatre, neuropsychologue : qui fait quoi.
Chaque approche peut jouer son rôle
Il existe de nombreuses approches en psychothérapie : thérapies cognitives et comportementales (TCC), approches systémiques, psychodynamiques ou psychanalytiques, humanistes, EMDR… Elles ne reposent pas sur les mêmes théories ni sur les mêmes méthodes.
Bien menées, par un professionnel formé, beaucoup d'entre elles peuvent aider. Pour de nombreuses difficultés (mal-être, période de vie difficile, questionnements personnels), le choix de l'approche compte souvent moins que la qualité du travail et de la relation.
Pour certains troubles, en revanche, des traitements spécifiques ont fait la preuve de leur efficacité et sont recommandés en première intentionsource 1. C'est le cas de la TCC pour les troubles anxieux, les TOC, les phobies ou l'insomnie, ou de l'EMDR et de certaines TCC pour le stress post-traumatique. Si vous consultez pour une difficulté précise, n'hésitez pas à demander au professionnel comment il travaille sur ce type de problème.
La relation compte autant que la méthode
C'est l'un des résultats les plus solides de la recherche en psychothérapie : l'alliance thérapeutique, c'est-à-dire la qualité de la relation entre vous et votre thérapeute, est l'un des meilleurs prédicteurs du succès d'une thérapie, quelle que soit l'approchesource 2.
Une bonne alliance repose sur trois choses :
- un lien de confiance : vous vous sentez écouté, respecté, pas jugé ;
- un accord sur les objectifs : vous savez pourquoi vous êtes là et où vous voulez aller ;
- un accord sur la méthode : la façon de travailler a du sens pour vous.
Autrement dit, le « feeling » n'est pas un détail. Se sentir à l'aise avec son psy, oser lui dire les choses, comprendre ce qu'il propose : c'est une condition importante pour que la thérapie fonctionne.
Changer de psy n'est pas un échec
Si, après quelques séances, la relation ne fonctionne pas, que vous ne vous sentez pas compris ou que la façon de travailler ne vous convient pas, vous avez le droit d'arrêter et d'essayer quelqu'un d'autre. C'est même recommandé. Un bon professionnel le comprendra, et pourra parfois vous orienter vers un collègue plus adapté.
Avant d'arrêter, vous pouvez aussi en parler directement avec votre psy. Dire « je ne vois pas en quoi ça m'aide » ou « je ne comprends pas où on va » ouvre souvent une discussion utile, et permet parfois d'ajuster le travail.
Mais attention à l'évitement
Il y a une nuance importante. La thérapie, surtout quand elle avance, peut devenir inconfortable : on aborde des sujets douloureux, on se confronte à ce qu'on évite depuis longtemps. Dans ces moments-là, l'envie d'arrêter peut être forte… et elle ne veut pas toujours dire que le psy ne vous convient pas.
Parfois, vouloir changer de thérapeute est une forme d'évitement : on fuit l'inconfort plutôt que la personne. Ce mécanisme est détaillé dans l'article sur le cercle vicieux de l'anxiété.
Quelques questions pour faire la différence :
- Est-ce la relation qui me pose problème, ou le sujet qu'on est en train d'aborder ?
- Est-ce que j'ai déjà arrêté plusieurs thérapies au même stade, quand les choses devenaient difficiles ?
- Est-ce que je me sens mal à l'aise avec cette personne depuis le début, ou seulement depuis peu ?
Dans le doute, le plus simple est d'en parler en séance. Nommer l'envie d'arrêter fait partie du travail thérapeutique.
En résumé
- Choisissez un professionnel au titre protégé.
- Pour une difficulté précise, renseignez-vous sur les approches recommandées.
- Accordez de l'importance au feeling : la relation est un moteur essentiel du changement.
- Si ça ne fonctionne pas, vous pouvez changer. Ce n'est ni un échec, ni une faute : vous avancez !
- Mais demandez-vous si vous fuyez la personne… ou l'inconfort.
Si vous souhaitez découvrir comment je travaille, consultez la page sur la thérapie cognitive et comportementale ou le déroulé d'une séance en téléconsultation. La première séance sert aussi à voir si nous pouvons travailler ensemble.
Sources
- Inserm. Psychothérapie : trois approches évaluées. Expertise collective. Paris : Inserm ; 2004.
- Flückiger C, Del Re AC, Wampold BE, Horvath AO. The alliance in adult psychotherapy: a meta-analytic synthesis. Psychotherapy. 2018;55(4):316-40.
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